Incontournables
Blank Generation

Blank Generation

Richard Hell And The Voidoids

par Oh ! Deborah le 18 avril 2006

paru en 1977 (Sire Records)

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Bassiste chez Television, Richard Hell quitte le groupe en 1975. Il rejoint Jerry Nolan et Johnny Thunders (ex-membres des New York Dolls) pour former les Heartbreakers. Un joli monde au sein duquel naîtront de nombreux conflits, c’est pourquoi Hell fondera son propre groupe avec Marc Bell (membre des excellents Ramones) pour enrichir cette mythique année 1977. Là, il pourra enfin affirmer ses propres talents et devenir le leader d’un groupe historique. Cet album des Voidoids fera partie de ceux que l’on a trop vite oublié. Pourtant, il contient un des meilleurs hymnes de l’époque Blank Generation, qui a fait de l’ombre aux onze chansons restantes, toutes urgentes, parfaites. Digne successeur des New York Dolls et copain avec Patti Smith, Richard Hell chante « I belong to the blank generation » en référence au nihilisme général, à l’heure où NYC est en pleine ébullition de groupes punk.

En plus d’avoir inventé les trous dans les chemises à pois et autres épingles à nourrisse (que Malcom McLaren récupérera pour sa boutique « Sex » londonienne mais aussi pour habiller ses Pistols), Hell peut se pâmer d’avoir pratiqué un punk complètement en marge de ses collègues, rappelant parfois la folie du tournant post-punk quelques temps plus tard. Convoitant des influences funk mêlées de pop fraîchement déstructurée, les mélodies sont infaillibles et regorgent de solos en chantier qui feraient pâlir Pete Doherty. La comparaison est là, en effet, selon la légende, Richard Hell serait LE poète punk un peu écorché, adepte de chansons bancales, et débauchées. Incomparable toutefois, le New yorkais à la voix irrésistiblement exaltée et simplement belle n’a pas besoin de planquer sa musique derrière des barreaux pour que nous en ressentions toute l’innocence, l’envie et le génie.

Aplomb téméraire ou intonations ardemment poignantes et juvéniles, cette voix est synonyme de décharge émotionnelle. Elle révèle ses supplices intérieurs au grand jour avec des textes déchirants, pourvus de pulsions malsaines, de tensions pernicieuses au travers de mélodies heureuses. Elle peut tout aussi bien crier son amour : romantique, féroce, classe. Hell s’exténue avec avidité et simplicité, déployant sa brillante aptitude à tout démonter, brouiller, démembrer, et finalement composer des chansons encore imparables après mille écoutes. Lester Bangs avait dit que ce chanteur était un des meilleurs rocker de tous les temps, et on avoue qu’il ne s’était pas trompé : aucun morceau n’est à négliger sur ce chef-d’œuvre furieusement passionnel, à vif et chaotique.

L’histoire est vécue dans l’absolu et s’achèvera vite. Richard Hell ne publiera qu’un dernier disque, Destiny Streets en 1982. Depuis, il a enregistré un album avec Sonic Youth, Dim Stars en 1991, mais s’est consacré bien plus à la littérature. Un poète, donc...



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom



Tracklisting :
 
1. Love Comes In Spurts (2’03”)
2. Liars Beware (2’52”)
3. New Pleasure (1’58”)
4. Betrayal Takes Two (3’37”)
5. Down At The Rock and Roll Club (4’05”)
6. Who Says ? (2’07”)
7. Blank Generation (2’45”)
8. Walking On The Water (2’17”)
9. Plan (3’56”)
10. Another World (8’14”)
11. I’m Your Man (2’55”)
12. All The Way (3’22”)
 
Durée totale : 39’44”