Concerts
Elliott Murphy

Rennes (Mondo Bizarro)

Elliott Murphy

Le 26 janvier 2005

par Manu le 22 mai 2005

Ca fait plus de trente ans maintenant que le poète américain Elliott Murphy, sorte de croisement entre Bob Dylan, Neil Young et Bruce Springsteen, parcourt le monde. Récit d’un moment passé avec une légende du folk-rock US.

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Public plutôt éclectique ce soir au Mondo Bizarro [1]. Il y a de tous les ages et visiblement Elliott Murphy a des fans à Rennes au regard des petits bouts de discutions glanés ici et là. Je reconnais même certaines têtes présentes en août dernier à Binic où Elliott Murphy et son groupe se sont produits en première partie de Buddy Guy. C’est d’ailleurs là que j’ai eut le coup de foudre. Mais ce soir ça va être différent du fait qu’il se produit en « duo acoustique » accompagné seulement de son fidèle guitariste Olivier Durand et aussi du fait de la configuration du lieu, très exigu, environ une centaine de personnes entassées.

Quelques minutes à peine après mon arrivée, un certain Orville Brody fait son apparition sur la petite scène pour une prestation plutôt... comique. Imaginez un cow-boy (les habits et la dégaine qui va avec) chantant avec l’accent texan nasillard de W.Bush et enchaînant toujours les 3 mêmes accords de country à la guitare. On pourrait le croire sorti tout droit du fin fond du Texas mais non : cet homme là vient de Rennes, ce qui rend la situation encore plus pathétique. 45 minutes, c’est largement suffisant pour aller se désaltérer au bar.

Il est 22h, on s’écarte pour laisser passer Olivier Durand et Elliott Murphy qui rejoignent la petite scène en traversant le public, guitares et harmonica à la main, sous les applaudissements. A coté de moi, une groupie sexagénaire en est toute folle d’avoir pût toucher et dire bonjour à Elliott. Le show peut commencer.

Dès les premiers morceaux, l’interaction entre les deux guitaristes est totale. Le mot “jouer” prend ici tout son sens. Une totale complicité et un bonheur de jouer affiché si communicatif qu’il déteint immédiatement sur un public entièrement conquis dès les premiers instants.

Comme toujours dans cette petite salle le son est excellent. Come On Louan, Last Of The Rock Stars, Green River les tubes s’enchaînent à merveille. De magnifiques balades folk plongent le public dans une sorte de communion collective où l’on savoure religieusement chaque note, chaque son sortant de la voix à la fois écorchée et fluette d’Elliott. Sur les morceaux plus rock, Olivier Durand actionne une pédale de distortion et le doux son de la guitare folk devient furie électrique. Il se transforme ainsi en véritable guitar hero sur des solos aussi enflammés qu’inspirés faisant applaudir, siffler et crier le public de bonheur.

On a eut droit à quelques moments forts. Comme la reprise de Like A Rolling Stone de Bob Dylan. Tout la salle reprenant le refrain en chœur, magnifique, j’en ai encore des frissons. Ou encore lorsque quelqu’un du public demande la chanson Ground Zero, qui parle des attentats de New York. D’abord hésitant, les deux compères s’exécutent mais très vite Elliott, visiblement affecté et ému interrompt la chanson en plein milieu pour enchaîner sur autre chose de plus joyeux et qui correspond mieux à l’ambiance de la soirée.

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Olivier Durand et Elliot Murphy

D’une générosité impressionnante, notre duo aura au final passé plus de 2h30 sur scène sans faire la moindre pause, le public en réclamant sans cesse plus. La soirée se terminera « à la bretonne », autour d’un verre pour quelques dédicaces et échanges verbaux chaleureux.

On reviendra le voir, l’ami Elliott, c’est sûr.



[1Fameux petit café concert de Rennes, à la programmation en général plutôt...“énervée” ! http://mondobizarro.free.fr

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