Concerts
La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Saint-Malo (Fort de Saint-Père)

La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Les 11, 12 et 13 août 2006

par Giom, Alexx, Milner le 22 août 2006

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 Dimanche 13 août

L’objectif de ce dernier après-midi de festival est de ne surtout pas rater le concert de la charmante Isobel Campbell, transfuge du groupe Belle And Sebastian et qui a sorti récemment l’excellent Ballad Of The Broken Seas, accompagnée au chant de Mark Lanegan (ex Screaming Trees et Queens Of The Stone Age). Juste avant l’Écossaise, ce sont les Suédois d’El Perro Del Mar qui envahissent à 16 heures la petite scène du Palais du Grand Large de Saint-Malo. Mené par une grande chanteuse blonde qui égraine ses accords acoustiques avec soin, le groupe nous gratifie d’une heure de musique apaisante, terminant son set par une chanson traditionnelle suédoise du plus bel effet. Malgré des problèmes de son pour le guitariste, les morceaux sont parfaitement exécutés et doivent beaucoup à la voix très émouvante de la chanteuse. Une très bonne entrée en matière, très calme et propice à l’atmosphère de cette salle parfaite pour les festivaliers pour qui la fatigue commence à arriver.

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El Perro Del Mar
© Hervé LE GALL

Passés 17 heures donc, Isobel Campbell fait alors son entrée accompagnée de son groupe et de l’ex chanteur des Vaselines, Eugene Kelly, qui remplace Marc Lanegan pour la tournée. Le charme de Campbell et de sa musique opèrent tout de suite sur les spectateurs apaisés. Le contraste des voix proposé singularise ces balades à la fois mélancoliques et douceâtres. Entre une reprise des Cardigans, une autre de Love Hurts de Gram Parsons ou bien un morceau, pour conclure, des Vaselines, le duo vocal montre son aisance dans chaque type d’interprétation, Isobel Campbell étant même aussi poignante au chant que lorsqu’elle fait parler son violoncelle. Un très bon concert donc, qui conclue ceux proposés au Palais de la plus belle des manières, tout en raffinement et en grâce.

La circulation automobile difficile autour de Saint-Malo puis des obligations de conférences de presse m’empêche alors d’assister au concert des Television Personalities, groupe post-punk désormais culte qui devait ouvrir les hostilités au Fort en ce dernier jour de festival.

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Grizzly Bear - Chris Taylor
© Hervé LE GALL

Je découvrirai ensuite que le groupe a annulé son rendez-vous avec le public malouin et que ce sont les Américains de Grizzly Bear que je n’ai pus entendre en ce début de soirée. Le groupe, qui avait sans doute prolongé (par amour des crêpes ?) son séjour sur la côte bretonne, a été rappelé au pied levé pour déverser son rock psyché devant un public plus important que celui du Palais du Grand Large où ils avaient fait forte impression le vendredi. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

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The Spinto Band - Thomas Hughes
© Hervé LE GALL

En revanche, j’assiste au premières notes jouées par The Spinto Band, une des nouvelles sensations de l’année 2006 grâce à leur prometteur premier album : Nice And Nicely Done. Vendus comme les nouveaux Arcade Fire, la musique du groupe ressemble plus sur scène à du Franz Ferdinand sous pétard qu’à celle des québécois tant leur pop ultravitaminée amène les membres du groupe à se contorsionner avec entrain. En tout cas ça marche puisque le set de The Spinto Band rend le public enthousiaste devant ces mélodies délurées. La formule à trois guitares est très efficace et The Spinto Band ne déçoit pas. L’avenir semble avoir toutes les chances d’être palpitant pour eux, du moins espèrons le.

Un pour qui c’est le présent qui est palpitant, c’est Philippe Katerine dont on n’ose même pas compter le nombre de présence en festival cet été sur le territoire français. Les lecteurs de B-Side Rock ayant déjà pu suivre les performances du Vendéen fantasque au Printemps de Bourges et à Art Rock à Saint Brieuc, nous ne nous attarderons pas trop sur le phénomène. Notons tout de même la tenue « portée » ce jour là par l’homme à la voix de canard : une magnifique peinture à connotation religieuse à même le corps apparemment réalisée par le guitariste du groupe qui accompagne notre dandy moderne.

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Philippe Katerine
© Hervé LE GALL

Le groupe (composé de plusieurs Little Rabbits) justement est très efficace et les délires de Katerine lui doivent beaucoup en ce qui concerne l’ambiance rock’n’roll apportée au show. Notons pour l’anecdote entre deux morceaux satiriques d’une bobo attitude parisienne émancipée, l’arrivée sur scène d’un drapeau aux couleurs du conseil général de Vendée lancé par un membre du public à l’intention de Katerine. La réception de l’objet provoquera chez ce dernier des cris hystériques : « Qui a un briquet ? Qui a un briquet ? Qui a un briquet ? » Bien sûr, pendant le concert, le son sera coupé puis remis par le protagoniste du show à de nombreuses reprises, provoquant à chaque fois des réactions démesurées de la part d’un public complètement acquis à la cause du Vendéen. À voir, si vous en avez l’occasion, le spectacle proposé est à la hauteur de sa réputation.

Difficile d’enchaîner après un tel délire pour les quatre musiciens de Franz Ferdinand, pourtant la grande tête d’affiche de la soirée, si ce n’est du festival. Les Écossais arrivent sur une scène aux couleurs de leur dernier album, You Could Have It So Much Better, seconde production dont le succès a confirmé la prédisposition du groupe à faire danser toute la planète. Et les habitués du Fort Saint Père ne seront pas en reste, réagissant très favorablement à la déferlante de pop songs proposée par les quatre de Glasgow. Tous (ou presque) les singles du combo y passent et il faut avouer que l’efficacité est bien là.

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Franz Ferdinand - Nick McCarthy & Alex Kapranos
© Hervé LE GALL

Même parmi les plus réfractaires du public au départ comme je pouvais l’être, on se laisse aller à taper du pied, des mains puis de bondir à l’unisson, voire même de reprendre avec le public quelques paroles désormais mondialement connues du type : « When I woke up tonight I say IIIIIIIIIIIIIII... » ou bien « You’re lucky, lucky, you’re so lucky... » issues de Do You Want To. Le tube Take Me Out obtient un succès fou, fédérant véritablement pour la dernière fois le public malouin. On notera la très bonne interprétation du morceau 40 Ft, pas loin d’être le meilleur du groupe à ce jour. Dans un genre plus classique, Walk Away, a également tout pour toucher les cœurs les plus endurcis. Cerise sur le gâteau, le combo se fend d’un titre inédit (Lindsey Wells) à l’influence kinksienne évidente. Bref, c’est enthousiasmant, le chanteur Alex Kapranos, malgré quelques problèmes de voix, est fidèle à sa réputation de show-man Don Juan et le groupe dans son ensemble paraît extrêmement soudé, ce qui renforce son efficacité sur scène. Qu’on se le dise, « Pop is not dead ».

Après avoir repris nos esprits et alors qu’une bonne partie des festivaliers s’est retirée après avoir vu le groupe star de la soirée, arrive Band Of Horses, formation américaine au rock léché et lyrique. Le groupe évolue dans une veine qui dans le meilleur des cas peut flirter avec REM et dans le pire avec Aerosmith.

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Band Of Horses - Ben Bridwell
© Hervé LE GALL

Tout se passe parfaitement bien pour le combo pendant cette petite heure de concert sous l’œil avisé de l’organisateur du festival François Floret alors présent dans le public. Le groupe n’est quant à lui visiblement pas encore très habitué aux tournées internationales : « On voudrait remercier Pierre et tout le monde de l’organisation. Merci à eux pour la nourriture gratuite ! » Voilà qui rend les choses plus humaines et donne un côté sympathique au dernier véritable groupe (dont on ne manquera pas de suivre la suite de la carrière) qui se produit sur la scène du Fort de Saint-Père en 2006.

Car c’est une DJ à qui revient l’honneur de conclure cette édition de La Route du Rock. DJ Chloé, dernière étoile montante en date du djing parisien se place alors aux platines devant une vidéo qui accompagnera son set sans grande surprise jusqu’à très tard dans la nuit alors que le reste du public rejoint progressivement tentes ou autres types de couchage, histoire d’aller se reposer après toutes ces émotions et de rêver, peut-être à l’édition 2007. L’avenir s’annonce palpitant autour de Saint-Malo.

Belle & Sebastian - Stevie Jakson & Bobby Kildea Calexico - Joey Burns Cat Power Howling Bells - Juanita Stein Islands - Nick Diamonds Mogwaï - Stuart Braithwaite The Pipettes TV On The Radio - Tunde Adebimpe & David Andrew Sitek Why ? - Yoni Wolf You Say Party ! We Say Die ! - Krista Loewen


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