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Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

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 Leigh Gregory, par la fenêtre

Il y a quelque chose de sincèrement troublant dans le personnage comme dans la musique de Leigh Gregory, auteur-compositeur comme on en fait beaucoup, mais en mieux, serait-on immédiatement tenté d’annoncer. Songwriter à la créativité effrayante, multi-instrumentiste, écrivain et poète à ses anciennes heures perdues, l’homme fait penser aux plus brillants exemples de la lignée dont il est issu, Elliott Smith en tête. Faussement facile d’accès par cette voix que l’on pourrait trouver faussement torturée, la prise en main, si elle peut être longue, en vaut la chandelle qui éclaire cette musique poussiéreuse et malmenée. Deux conseils donc de la part de quelqu’un qui se sent tout à coup d’une évidente supériorité sur son lectorat, et veut donner l’impression de partager un brin de savoir : oubliez les complaisants « mouais c’est de la soupe ton truc » de façade pour secrètement impressionner la jolie brune qui vous le passe, et persévérez, vous allez finir par trouver ça formidable, comme tout le monde, parce que ça l’est. Point, à la ligne, second paragraphe. Nan mais !

L’homme qui est bien plus que la voix de Mellow Drunk, ayant simplement décidé de donner le nom d’un groupe alors fictif à un enregistrement, Always Be Drunk, qu’il avait mené seul de bout en bout, produit depuis en quantités. Avantage : après sélection, les albums sont d’une densité confondante. Le recul, c’est d’ailleurs la qualité qui sied le mieux au charme du songwriter. « Il y a quelques années j’avais l’habitude d’écrire beaucoup de poésie, et ensuite j’essayais de mettre les poèmes en musique. Le résultat final était beaucoup de prétention, ainsi que beaucoup de mauvais chant ! »

Auteur, pour le moment, de deux albums solo, Leigh Gregory mène donc de front et quasiment à lui seul deux carrières. Le rythme lui va comme un gant, et lui permet, en sus de son concert acoustique mensuel à San Francisco, d’écrire à la pelle, d’enregistrer le plus possible, et de tester le tout avant d’opérer un tri draconien. On vous laisse ici découvrir plus en détail ce personnage fascinant à la lecture de l’interview qui suit.

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En mode Lou Reed...

Ces albums solo pratiqués sur le public avant d’être définitivement couchés sur piste, ont été peaufinés par lui seul, ambiance épaisse et fouillée incluse. Adorateur de l’arpège de guitare comme on apprécie être guidé par Satan au long de promenades mélancoliques, le musicien égrène des textes terribles alors qu’à la fin de chaque on se demande comment il peut enchaîner sur quelque chose d’autre, a fortiori d’encore plus douloureux.

On ne sait même que conseiller. Deux façons sans doute. La méthode dure, aussi dite du « j’aime me faire du mal », consiste, en période difficile, à s’isoler, si possible à proximité d’un feu que l’on peut voir danser derrière ses larmes, et à écouter One More Wish par exemple. La méthode plus douce, consisterait, elle, à s’entourer d’amis hâbleurs, si possibles imbibés, genre le gros Dédé qui a toujours une bonne blague un peu grasse sous le coude, et à écouter... n’importe quel morceau, tout est sensationnellement tragique. On a sans aucun doute le sentiment de moins apprécier, mais le coup est moins rude.

Les deux albums parfaits de Leigh Gregory (Rest Your Weary Head en 2003, Rainy Season Never Ends en 2006), pour lesquels il a plus ou moins consciencieusement gardés ses morceaux les mois gais (et ce n’est déjà pas tous les jours la fête au village chez Mellow Drunk), sont tout simplement incontournable pour tout appréciateur du style songwriter-folk à se noyer dans son verre, et comprenant suffisamment d’anglais pour saisir les paroles, ne serait-ce qu’à l’écrit sur le site de l’auteur (http://www.leighgregorymusic.com/). Ultime preuve de la qualité de l’artiste, nous parlons ici d’un homme dont la révélation fut Beard Of Stars de Tyrannosaurus Rex. Que demande le peuple ?



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