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One Way Ticket To Hell... And Back

One Way Ticket To Hell... And Back

The Darkness

par Psymanu le 13 décembre 2005

2

sorti en novembre 2005 (Atlantic)

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C’était quelque chose, The Darkness, au moment où sortit leur premier essai, Permission To Land, en 2002 ! Il y eut ceux qui tombèrent à genoux, et les détracteurs immédiats. Les deux clans étant néanmoins reliés par ce sentiment que quoi que l’on pense du « concept », c’était tout de même sacrément bien foutu. Que ce qu’ils faisaient, ils le faisaient bien, jusqu’au bout, et qu’ils en assumaient les conséquences. Ressusciter le hard rock 80’s, et son obligatoire accoutrement, à un moment où le rock se faisait glamour et poseur, fallait oser. Et puis bon, ça dispensait de l’achat d’une Nième compil/best of de Queen... Parlons-en, de Queen, justement. Histoire de pousser l’analogie à son paroxysme, voila que le quatuor s’offre, pour son second opus, le producteur Roy Thomas Baker, celui de Bohemian Rhapsody et autres pépites gonflées des plus célèbres sujets de sa Majesté. The Darkness veut passer la vitesse supérieure de ses ambitions, l’intention est louable mais il va falloir concrétiser : « alors, donc, ce nouvel album ? »

Alors le son de The Darkness, sous l’impulsion de son nouveau mentor, a grossi. C’est palpable d’entrée de jeu, l’intro de One Way Ticket est pompeuse mais mystérieuse et l’on ne sait pas trop où l’on va nous emmener jusqu’à ce qu’interviennent les guitares des frangins Hawkins. Et l’auditeur de retomber sur ses pattes, et Justin de vocaliser comme ses fans aiment tant l’entendre faire. Si ce morceau est de prime abord de facture classique, tout à fait dans les sillons déjà pas mal creusés par le groupe, on sent déjà une volonté d’introduire « autre chose ». La preuve avec ce sitar qui ne sert pas à grand-chose, mais qui fait son petit effet (de surprise).
Une entrée en matière catchy, qui laisse augurer le meilleur, et pourtant. Dès Knockers, on baisse d’un ton. Si la production s’est faite plus léchée, c’est au détriment de l’énergie brute. Ce qui séduisait sur Permission To Land, c’est cette impression que The Darkness s’en payait une bonne tranche, avec une énergie juvénile, comme des gamins qui tenteraient de mimer leurs idoles, en les surjouant. Ici, tout se fait plus austère, et la balance de pencher vers un rock FM des plus policés. Finalement, One Way ticket To Hell... And Back lorgne souvent d’avantage vers un mauvais Status Quo que vers un hard rock teigneux à la Iron Maiden.
Is It Just Me démarre comme le fameux Hammer To Fall de la bande à Mercury, mais ne décolle jamais vraiment, la faute peut être à une rythmique pataude et convenue. Et les chœurs de Justin, qu’on jurerait sortis de la moustache à Freddie, n’y pourront rien. Pire : Dinner Lady Arms enlise plus profondément le groupe dans son tempo mou du genou que même un soli sympatoche de Dan ne sauvera pas. Seemed Like A Good Idea At The Time, toute jolie balade qu’elle soit, pourrait avoir été enregistrée par n’importe qui d’autre qu’on n’y aurait vu que du feu, The Darkness semble aux abonnés absent dans un morceau qui aurait tant gagné à voir exploser leur tapageuse excentricité.

Mais peut être pensaient-ils alors déjà à Hazel Eyes ? Parce qu’alors, celui-là il est bath ! Rien, dès les premières mesures, ne laisse supposer un tel débordement : ça y est, le groupe fait de nouveau n’importe quoi, et laisse libre court à son réjouissant mauvais goût, en appelle à des cornemuses. Plus Spinal Tap que jamais, mais quel bonheur ! Bald, qui lui fait suite, est un sombre hard rock tout ce qu’il y a de plus entendu, mais est exécuté avec brio, et les guitares semblent enfin retrouver des couleurs heavy. On avait fini par les croire timide. Girlfriend est quant à lui un boogie laineux et violonneux tout en gaieté qu’on espère sans suite mais qui passe tout seul, ayant le bon goût de ne pas excéder trois minutes. English Country Garden, frénétique et pianotant, est un excellent morceau dont on espère qu’il deviendra un classique des concerts à venir, tant il invite au pogo hystérique. Le groupe conclut sur un Blind Man qui n’aurait pas entaché A Night At The Opera. On devine que Baker a du se faire plaisir sur celui-là. Ça n’est plus rock du tout, et ça n’est pas The Darkness non plus, mais c’est plein de souvenirs.

Alors, finalement, que faut-il retenir de One Way Ticket To Hell... And Back ? Quelques sonorités, deux à trois vraiment très bons morceaux ... The Darkness, à vouloir trop s’appliquer, était à deux doigts de se perdre complètement. Ce qui faisait leur force sur Permission To Land, c’est cette exaltation, cet enthousiasme à créer du désordre. Trop canalisés, ils s’inhibent. Car il faut le dire, on baille plusieurs fois sur ce certes « toujours difficile deuxième album ». On souhaite à ces gaillards de n’avoir pas été qu’un éphémère phénomène de foire, et de retrouver le 11 sur lequel régler leurs potards.



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Tracklisting :
 
1- One Way Ticket (4’26")
2- Knockers (2’43")
3- Is It Just Me ? (3’05")
4- Dinner Lady Arms (3’16")
5- Seemed Like A Good Idea At The Time (3’34")
6- Hazel Eyes (3’26")
7- Bald (5’31")
8- Girlfriend (2’33")
9- English Country Garden (3’06")
10- Blind Man (3’27")
 
Durée totale : 35’07"