Concerts
Alwijn

Béthune (Oxford Café)

Alwijn

Le 26 mars 2005

par Psychedd le 29 mars 2005

Comment passer au travers de la mode revival qui sévit depuis un bon bout de temps ? De la musique à la mode, en passant par la télé... Et puis, il y a le phénomène des groupes tribute, qui préfèrent reprendre des choses déjà faites plutôt que de composer des trucs persos. Hum, ça paraît louche tout ça, surtout quand il est de mise de reproduire note pour note ce que l’on reprend, d’utiliser les mêmes effets. Troubles de la personnalité ? Manque d’inspiration ? Parfois, au milieu de ça, il existe des groupes qui expriment leur talent par ce biais. Pas assez connus, pas assez riches, mais avec une formation musicale solide, ils rendent un hommage qui leur est tout personnel. Alwijn peut-être considéré comme celà avec ses reprises efficaces de Pink Floyd.

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Déjà, au contraire des autres groupes de reprises, Alwijn a pris un nom imprononçable qui n’est pas du tout en rapport avec le groupe à qui ils rendent hommage.
Comble de l’étrange, seuls deux membres sur quatre connaissaient le Floyd au début.

Hier soir, c’était le concert de Béthune.
Une toute petite salle, autant dire que le public était sur scène avec le groupe.
Comme d’habitude, pas de light-show, parce que oui, on peut faire du Floyd sans débauche d’effets (surtout quand le groupe en question n’a pas les moyens de se le payer ce p****n de light-show...)

22h30 : Le patron du bar décide enfin de couper sa musique pour rocker à banane. L’audience est disparate. Beaucoup de bikers. Apparement, c’est pas gagné du tout pour Alwijn. On s’attend déjà à ce que les plus imbibés dansent un slow sur Echoes.
Cédric, le guitariste et David, le batteur, ont fait la chouille avec moi la veille. Grosse gueule de bois et volonté zéro. Même moi j’ai pas la motiv’ d’aller pousser des cris d’encouragement... Je reprend un 50ème coca pour tenter de faire passer mon mal de ventre.

Bon, il faut bien y aller.
Le groupe se plie en 5 pour rentrer sur la « scène ».
Et hop, ça démarre.
Je guette le public, j’essaye d’écouter la moindre remarque.
J’entend un type qui dit à un de ses potes : « Euh... Il mettrait pas trop de notes le bassiste ? »
Oui, Xavier tricote, il en rajoute des tonnes, il ne reprend pas note pour note les parties de Waters. Oui, il est aussi fan d’Entwhistle et alors ?
David commence à transpirer derrière ses fûts. A y est, ça boum-boum à mort.
Il est pas bien notre batteur fan de Led Zep, qui ne savait même pas qui c’est Pink Floyd à l’origine et qui ne connaît qu’une seule chanson : « Time axe eugène mother heart of the moon » ?
Le clavier, Adrien, est planqué derrière Xavier. Mais je repère que ça y est, lui aussi se lâche.
Cédric tripote sa pédale à effets, il trouve le bon son et ça sonne rock !
Le chant est impeccable, c’est qu’ils ont bossé les lascars...
Devant moi, un type secoue la tête et le verre de bière qu’il tient à la main.
Je prend une douche.
Mais je m’en fous, Alwijn cartonne bien, moi aussi je commence à groover !

Après Echoes, c’est Breathe/Travel Sequence. Bon, je ne vais pas détailler tous les titres joués, j’avoue avoir un trou de mémoire sur certains morceaux...

Bref, Alwijn improvise, étire les titres, les malaxe à sa manière, et c’est bien. On est sûr que d’un concert à l’autre, c’est différent.
Le groupe est toujours meilleur dès qu’il part dans son propre délire et dès qu’il se détache un peu de l’original.
Dans le bar, les gens ont l’air d’apprécier. Il fait de plus en plus chaud et après la douche de bière, c’est la douche de sueur. La salle se remplit encore.

Le 1er set s’arrête au bout d’une heure et demie. Le groupe prend une pause. Le type qui m’a arrosé avec sa bière vient me voir. Il est content, c’est son anniversaire et en plus il est à un concert tribute du Floyd.
Je m’en veux un peu, parce que j’ai oublié les flyers et que comme par hasard, tout le monde veut savoir s’ils ont un site et c’est quoi les autres dates.

00h30, le second set commence par Shine On. Il faut qu’ils se remettent dans le bain après leur pause...
Cédric décide d’improviser le deuxième solo. Sacrilège !
Mais voilà, il se rattrape bien, ça sonne différement, ça sonne Alwijn quoi !
Comme ils aiment bien la facilité, ils nous font le coup de jouer Atom Heart Mother.
Je vois 2 chevelus qui se regardent du coin de l’oeil. Je sens qu’ils attendent Alwijn au tournant sur ce morceau.
Le clavier qui était encore si timide il y a quelques mois, ose enfin sortir de son rôle de « trouboucheur ». Pour la première fois, je l’entend faire des notes et pas seulement soutenir le groupe avec une nappe de synthé.
David a oublié qu’1h30 plus tôt, il n’allait pas bien. Et vas-y que je crashe sur les cymbales à toute berzingue. La base rythmique est « monstrueuse », ça danse sec autour de moi.
Xave, y va tellement à fond qu’il en pète sa corde de mi...
On se demande s’ils vont pouvoir enchaîner... Surtout que là, c’est censé être Money.
Ils sont guedins, ils enchaînent... Et c’est au tour de David de perdre une cymbale !
Etrangement, le public réagit moins bien à ce « tube ».
Pour la peine, ils nous achèvent avec Set The Controls puis Cymbaline.
Le deuxième set s’arrête à 2h00 du matin, bon gré, mal gré, le batteur aimerait bien continuer à cogner.

En tout 3 heures de Floyd. Pas mal non ?
J’attend que Cédric sorte de scène, et ça prend beaucoup de temps. Les spectateurs sont ravis, j’en entend une qui les remercie de ne pas avoir joué de morceau de The Wall et chacun y va de sa critique perso.
Même le patron du bar en veut plus, lui qui les avait déclaré perdants d’avance.
Le monsieur qui fêtait son anniversaire revient me voir, me dit qu’il a hâte d’être au 16 avril pour aller les voir à l’Irish Bar de Marquette-lez-Lille (hop ! Coup de pub caché).

Alors oui, je suis émotionnellement impliquée à Alwijn, mon jugement est peut-être altéré par mes relations amicales avec les membres du groupe et je peux paraître bien subjective...

Alwijn mérite de l’attention, toute personne qui fait partie d’un groupe sait à quel point il est difficile de se faire connaître et de gagner une crédibilité. Et c’est tout ce qu’il veulent, gagner de la crédibilité. Par facilité peut-être, ils font des reprises, mais ils ont la motivation de pousser plus loin. Il y a une certaine alchimie entre les membres du groupe qui s’est déjà forgé une identité musicale.

Alwijn ne veut pas reproduire le son Pink Floyd à la note près, ses membres se font plaisir et ils veulent faire plaisir. Ca ne transcendera certainement pas les fans hardcores, mais ceux qui veulent passer un bon moment, le passeront assurément...



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