Portraits
Bob Dylan - Part II - Fucking Star System

Bob Dylan - Part II - Fucking Star System

par Giom, Milner le 11 septembre 2007

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 Nouvelle Renaissance

Heureusement, quatre mois plus tard, sort New Morning qui remonte le niveau amplement. Enfin, Dylan sort un disque qui semble sincère artistiquement. On y trouve même quelques perles dans des genres encore peu exploités par le Zimm’ comme le jazzy If Dogs Run Free ou le blues-rock proche de l’univers d’un Clapton, One More Weekend. Il y a également The Man In Me, qui sera utilisé bien plus tard par les frères Cohen pour la B.O. de leur film hilarant de 1998 The Big Lebowski. L’album est produit par le fidèle Al Kooper ce qui renforce l’authenticité de l’entreprise, tout en sachant que Dylan est revenu vivre à Greenwich Village, on peut vraiment s’attendre à une renaissance musicale totale de l’artiste. Finis les foutages de gueule pour larguer tout le monde !

Sauf que Dylan a encore des ennuis. Et ces ennuis s’appellent A.J. Weberman, un fan monomaniaque qui le harcèle à New York. Weberman va très loin. Il est persuadé que Dylan est encore un camé et il monte donc un Front de Libération de Bob Dylan, il fouille dans ses poubelles pour y trouver des preuves de sa dépendance. Au début, tout cela fait bien rire l’intéressé mais finit au bout de quelques temps, comme on le comprend, par le lasser. Un jour donc, Weberman, en pleine séance d’archéologie dans les déchets de la famille Dylan, reçoit une bonne raclée par son idole. Ce dont il se ventera bien sûr par la suite.

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A. J. Weberman fouille dans les poubelles

Mais Weberman va plus loin, il publie des ouvrages pirates de Dylan dont le fameux recueil Tarantula, livre de poésies d’inspiration beat, projet de Dylan depuis 1965. Outré par ce fait, Dylan finit par autoriser une publication officielle du recueil pour contrer l’entreprise de son « plus grand fan » (toujours se méfier des plus grands fans, n’est pas John ?). Le recueil fait un flop car en total décalage avec l’esthétique littéraire du moment. Les années beat sont bien loin maintenant, pour Dylan aussi d’ailleurs. Comme New York ne semble pas non plus être de tout repos pour lui et sa famille, Dylan, qui se dit toujours autant juif tant dans l’origine que dans l’âme, envisage un moment d’habiter Israël, mais le projet n’arrivera pas à terme.

En tout cas, il finit par remonter sur scène, le temps d’une soirée et en partie pour faire plaisir à son ami George Harrison qui s’investit à cette époque pour la cause du Bengladesh. Le 1er août 1971, Dylan interprète donc quelques titres à cette occasion. Cependant, l’époque n’est pas très fructueuse pour Dylan qui ne sort aucun disque en deux ans malgré une rapide période d’enregistrement en studio début 71. Son public aura le droit à un deuxième Greatest Hits à l’automne de cette même année, un carton bien sûr, et à un étonnant single cet été-là, une protest song, et oui, qui l’eut cru, George Jackson, où le Zimm’ retrouve la flamme pour s’insurger contre la mort de cet activiste noir.

Finalement, Dylan trouve une solution à ses problèmes d’habitation en rejoignant le Mexique à la fin de l’année 72. Il est en effet invité par le réalisateur Sam Peckinpah, à qui nous devons entre autres La Horde Sauvage, à jouer dans son nouveau western : Pat Garrett And Billy The Kid. Dylan y interprète un rôle de quasi-muet, celui d’Alias, personnage créé pour lui et ami de Billy The Kid qui lui est joué par une autre folk star, Kris Kristofferson. En plus de cette participation au tournage, Dylan se fend d’une B.O. presque totalement instrumentale où l’on retrouve tout de même deux chansons, dont une qui passera à la postérité, revisitée notamment par le groupe Guns N’ Roses, Knockin’ On Heaven’s Door. Le film sort l’année suivante et n’est pas très bien reçu. Il faut dire que le tournage avait été chaotique, la plupart des participants étant souvent ivres et le réalisateur lui-même assez perdu et lunatique. Pourtant, il ressortira avec un nouveau montage en 1988 et rentrera finalement dans l’histoire comme un des derniers bons westerns. La performance d’acteur de Dylan ne semble en tout cas pas avoir choqué à l’époque, il faut dire qu’il ne dit pas grand chose.



[1Sources :

Livres :

  • Dylan B., Chroniques (volume 1), Paris, Fayard, 2005.
  • Ducray F., Manœuvre P., Muller H., Vassal J., Dylan, Paris, Albin Michel, coll. « Rock & Folk », 1978.
  • Shepard S., Rolling Thunder : Sur La Route Avec Bob Dylan, Paris, Naïve, 2005.
  • Vanot S., Bob Dylan, Paris, Librio, coll. : « Musique », 2001.
  • Gill A., Bob Dylan 1962-69 : L’Intégrale Des Années 60, Paris, Hors Collection, 1999.
  • Shelton R., Bob Dylan : Sa Vie Et Sa Musique, Paris, Albin Michel, coll. « Rock & Folk » 1987.

Film :

Scorsese M., No Direction Home : Bob Dylan, Paramount Home Entertainment, 2005.

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