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Contraires

Contraires

MyPollux

par Psymanu le 12 juin 2007

3

paru en octobre 2006 (Warner)

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Deuxième livraison des frenchies de MyPollux, Contraires avait pour mission d’affronter les espoirs nés de leur précédent opus, pour les justifier.

Appréhension. Le souvenir de Trouble Amarante. Le souvenir d’une voix assurée, puissante, très en avant, de riffs cinglants, mais qui fleuraient franchement le Nu Metal, cette sorte de rock moderne, et qui avait fait l’effet d’une vague plutôt juvénile mais peu rafraîchissante tant elle s’était rapidement avérée pénible. Or, cette mouvance-là avait déja un bon coup dans l’aile au moment des plutôt fracassants débuts du groupe MyPollux. En 2007, le temps a passé et l’on constate que les sonorités metal ont franchement tapé l’incruste jusque dans nos radios les plus honteuses de consensualité. Des groupes du genre ont même séduit l’Eurovision. Oui, le temps a passé et le metal ne fait plus peur qu’à Michel Drucker. Pour les extrêmiste du style, une seule solution : pousser le volume. Le son de MyPollux, donc a enflé. Très nettement. Comme souvent, lorsqu’on donne à un groupe plus de moyens, il les utilise. Et si le groupe semble jouer encore plus fort, il sonne aussi encore plus propre.

Aucun changement fondamental depuis Troubles Amarantes, dès les premières notes on est en terrain connu. C’est toujours Lussi qui est poussée devant, toujours ses variations voix enfantines/voix chantée haut/voix vociférée, d’une souplesse irréprochable. Il est bien difficile de détacher un titre par rapport à un autre, et de l’intro Ego jusqu’à Lettre À Ma Bulle, on suit la même veine sanginolante, les textes au romantisme écorché, c’est noir, c’est rouge, mais rien ne bouge, constance. On pense toujours à un Evanescence qui aurait taris ses larmes. La chanteuse et ses accompagnateurs font corps, percutent, hachent, puis envoient au vent, laissent planer parfois, la mécanique est superbement huilée, mais il ne se passe pas grand chose. La rupture intervient avec Contrego, au piano flippant, renforcé de quelques cordes qui glacent, et Lussi, position fœtale, tremblante, qui déclame qu’elle ne veut pas grandir et qu’elle a les jetons. Nous aussi. Par Défaut, tout en basse, maintient l’atmosphère au plus bas, en tension, on sent que les guitares voudraient tout arracher, mais n’osent pas, jusqu’aux deux-tiers du morceau. Mais, assez vite, l’on retombe sur les même terres bien défrichées auparavant, sans doute un peu trop.

Si le son a grossi, on constate avec plaisir que jamais MyPollux ne s’aventure dans les eaux d’un pop-rock sucré à laquelle sa configuration (une nana, plutôt jolie, au micro, et une bande de métalleux plutôt propres) aurait prédisposé, et dans laquelle ils n’auraient certes pas été les moins agréables à entendre. L’écueil, c’est que le disque ne recelle aucun véritable « tube ». En effet, peut-être manque-t-il un titre plus accrocheur que les autres, qui aurait servi de « locomotive », en live comme dans les media. Il y a bien Jeu, dont la mélancolie en étendard fait plutôt mouche, mais, encore une fois, il n’est sans doute pas suffisamment dissemblable d’un tout qui aurait sans doute gagné à diversifier davantage ses climats.

Contraires est un bon successeur à Trouble Amarante, il représente un pas franchi, mais un pas peut-être trop timide, et l’on peut le considérer simplement comme une version plus chiadée de son prédécesseur. Reste qu’on en attendait un peu plus.



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Tracklisting :
 
1- Ego (0’34")
2- Chrysallide (4’01")
3- Qui Dort Dîne (5’17")
4- Jeu (4’11")
5- Ubiquité (3’28")
6- Paraffine (4’04")
7- Coffre À Souhaits (3’44")
8- Lettre À Ma Bulle (3’59")
9- Contrego (3’44")
10- Par Défaut (4’50")
11- L’Or Et Le Coton (4’13")
12- Notre Nouveau Monde (4’36")
13- Mon Lit À Baldaquins (5’00")
 
Durée totale : 51’29"