Portraits
Elliott Smith, une tragédie américaine

Elliott Smith, une tragédie américaine

par Giom le 10 mars 2009

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Quoi qu’il en soit, le jeune Elliott Smith (qui commence à cette époque à se faire appeler Elliott, repoussant définitivement ce nom composé qu’il déteste) réussit plutôt bien son parcours scolaire et obtient son bac (enfin l’équivalent) en juin 1987. il est même distingué en tant que finaliste du National Merit Scholarship Test. Il décide alors de rejoindre le Hampshire College, au départ pour suivre sa copine du moment qui a été acceptée dans cet établissement. Elliott s’inscrit dans un cursus de philosophie et de science politique. « Nous pensions qu’il deviendrait juriste. » confiera rétrospectivement sa mère. Certes, mais ce fut loin d’être le cas.

 En groupe puis seul

À la fac, Elliott s’en sort plutôt bien même s’il ne supporte pas l’ambiance et les gens « qui voulaient se la jouer cool alors qu’ils ne l’étaient pas ». Il quitte donc rapidement le campus et s’installe à Northampton, ville proche de l’université, où le pauvre Elliott continue de croiser des « gens qui ne faisaient que de parler de post-structuralisme, mais bon, c’était mieux que sur le campus. »

C’est pourtant durant ces années de fac qu’Elliott rencontre un certain Neil Gust avec qui il partage l’amour de la musique post-punk et une certaine vision critique de la société américaine. Les deux jeunes hommes se lient d’amitié, fondent un groupe appelé Heatmiser avec un bassiste nommé Brandt Peterson et retournent ensemble à Portland après avoir obtenu leur diplôme respectif. Un batteur (Tony Lash, une connaissance de lycée d’Elliott) les rejoint alors et ils peuvent même publier un premier LP chez Frontier Label : Dead Air.

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L’album Dead Air d’Heatmiser

Les premiers concerts du groupe ont lieu en 1992 en première partie de soirée dans le club de Portland La Luna. Elliott assure le chant dans le groupe même s’il n’aura pas une haute idée de ses performances vocales de l’époque. Les paroles des morceaux qu’il compose laissent place à la description de ses rêves et de ses cauchemars. Logiquement, cette première tentative discographique ne sort pas de l’anonymat régional et c’est en 1994 avec le EP Yellow No. 5 puis le deuxième album Cop And Speeder que Heatmiser commence à faire un peu de bruit au niveau national. Le son du groupe est résolument rock dans le style de Fugazi, bref assez différent de ce que fera Smith plus tard durant sa carrière solo.

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Cop And Speeder

Pourtant, Elliott Smith ne se satisfait pas vraiment de cette expérience puisque le quotidien du groupe est marqué par la confrontation de son génie de compositeur et des volontés plus « fabriquée » du groupe. « Tous mes morceaux passaient à la moulinette du groupe et quand ils en sortaient je ne les reconnaissais plus. » Elliott se lasse très vite également de la vie de rock star et de l’attitude à adopter lors des concerts qu’il juge peu sincère et peu en adéquation avec sa personnalité : « Je jouais un rôle, un rôle que je n’aimais pas. Au début, tout le monde trouvait ça cool d’être dans un groupe et puis au bout de deux ans, on en a tous eu marre. » Durant cette période, Elliott enchaîne les petits boulots comme ceux de boulanger, laveur de vitres, transporteur de bois de bambou et même pompier.



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