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Grand Opening

Grand Opening

Austin Newcomers

par Psymanu le 22 mai 2007

2,5

paru en avril 2007 (Le Sonotone)

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Les Austin Newcomers publient enfin leur premier LP officiel, après un EP et un « webalbum ». Histoire de théâtraliser l’affaire, ils ont choisis de l’intituler Grand Opening.

Évoluer le long de chemins balisés, ça a un avantage notable, pour un groupe de rock, celui de s’assurer de ne jamais jouer de la daube absolue, pour peu que ses membres soient un temps soit peu soucieux de leur partie et appliqués à la jouer correctement. La contrepartie, hélas, est terrible : ça s’entend plus que ça ne s’écoute, parce qu’on ne trouve pas d’accroche, et si on écoute vraiment ben on s’emmerde, un peu.

Bon, lorsque je parle de balises, ce ne sont pas forcément les plus dégueu, il y a quelque chose de Doherty dans la voix du chanteur, en plus juste, un peu de Libertines et un peu de Strokes, mâtiné du Green Day d’aujourd’hui, dans leur rock. Mais il y a aussi, et en quantité non négligeable, de la pop, et de la bien lisse comme on en tend beaucoup trop à la radio, celle de ceux qui ont écouté U2 et qui n’ont pas peur d’en faire de même pour Keane et Coldplay. Et quand on shake tout ça avec énergie, ça donne un pop-rock qu’on aura régulièrement plaisir à croiser sur RT2 ou Europe 2 dans sa bagnole, mais qui ne fera pas partie des possibles au moment de choisir le disque qu’on a envie d’entendre, là, maintenant, pour se saouler de bonne musique.

En fait, le gros point noir, c’est l’absence de nuance. Ou plutôt, plus exactement, disons, des nuances trop peu marquées. Parce qu’on peut faire des disques sans aucune nuance, d’un bloc, d’une même veine tout du long, c’est un concept qu’on a déjà vu chez les Ramones, mais pas seulement. Mais si l’on veut varier, alors il faut le faire franchement, pas du bout des doigts. Ça paye moyen, d’être timoré. Ainsi, les trois premiers morceaux du disque sont étonnamment similaires, on se demande si le fait qu’ils aient chacun leur place sur ce disque n’est pas justement dû au fait que le groupe n’est pas parvenu à déterminer lequel pouvait se détacher du lot et trouver naturellement une pertinence au détriment des autres.

Et puis il y a ce penchant FM qui fait que ça coince et qu’on se braque. On The Roof, Houston, ou encore la pourtant mignonne ballade acoustique My Freaky Thing, tout ça ne dépareillerait aucun épisode de Dawson. Heureusement, il est des morceaux de plus haute tenue, tel Serial, qui rappelle certains bons moments passés avec Bloc Party. Il s’enchaîne à une agréable partie de Rafting, qui déroule un punk-rock mélodique comme ça se fait beaucoup aux States et dont raffolent les teenagers. Et puis ensuite, les Austin nous proposent I’m Locked qui est peut-être le grand bon moment du disque, avec son intro à la Placebo première heure, et puis son chant de gorge postillonnant que n’aurait pas renié Liam d’Oasis. On sent que le groupe se donne enfin à fond, et le résultat laisse songer qu’il vaut probablement mieux que ce qu’il nous a jusqu’ici laissé entendre. Ça sent un peu le gâchis, quoi. On râle, on grommelle, à l’écoute d’un Tomorrow, qui semble hésiter par instants à partir en vrac absolu, on lui en veut de ne pas s’être laissé aller à autre chose qu’une ballade un peu hallucinée et dissonnante.

Pour un premier véritable album, les Austin Newcomers auraient pu commettre bien pire que ce Grand Opening, qui pour le coup usurpe un peu son nom. Et on n’a pas envie d’en dire du mal, parce que ça ne le mérite pas. Pour autant, cet essai est bien trop anecdotique pour lancer le combo vers les sommets, ce dont il se fout probablement, et à raison, et il faudra attendre de le voir confirmer les quelques belles promesses néanmoins entrevues.



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Tracklisting :
 
1- Mine (4’02")
2- Kamikaze (3’10")
3- Nothing To Do (4’01")
4- You Must Try (4’15")
5- Houston (3’38")
6- Grand Opening (5’18")
7- Dragonflies From Around The Moon (4’19")
8- On The Roof (3’59")
9- Plasticine (4’25")
10- My Freaky Thing (1’27")
11- Serial (3’23")
12- Rafting (3’28")
13- I’m Locked (3’08")
14- Tomorrow (6’56")
 
Durée totale : 55’29"