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par Fran le 22 novembre 2005
Plus qu’un groupe de punk ou de rock, The Clash est une légende. En cinq ans et sans aucun temps mort, le Clash sera de tous les combats et de toutes les avant-gardes musicales devenant un modèle d’intégrité quasi-unique dans le monde du rock. De ceux qui gueulent sur trois accords à ceux qui osent le mélange des genres, tous sont des Enfants du Clash. Après de longues tergiversations avec moi-même, j’ai décidé de m’attarder sur la période pré-clash -importante si l’on veut comprendre les choix et l’évolution du groupe- ainsi que sur le mouvement punk de 1976-1977 auquel The Clash a largement participé, perpétuant plus que tout autre l’esprit et l’attitude punk.

Quand Bernie rencontre Micky
Bernard Rhodes ( Bernie pour les intimes), petit homme trapu et binoclard, heurte Mick Jones un soir de septembre à un concert au Nashville, il ne sait pas encore qu’il tient là sa revanche.

Bernie collabore depuis quelques années déjà avec Malcolm McLaren et Vivienne Westwood pour la conception de fringues pour leur magasin Sex. En 1973, Malcolm découvre un groupe qu’il baptisera Sex Pistols et dans lequel il voit ni plus ni moins un moyen de promotion pour sa ligne de vêtements. Bernie leur donnera des conseils sur la façon de s’habiller, l’attitude à adopter sur scène et surtout présentera Johnny Rotten au groupe. Après un an passé aux Etats-Unis en vue de ressusciter les New York Dolls, en vain, Malcolm revient à Londres et compte bien reprendre en main son groupe après ce cuisant échec. En bon autocrate, il ne tarde pas à remercier Bernie pour ses bons et loyaux services. Blessé dans sa fierté, Bernie compte bien se venger de cette injustice et montrer à son père (spirituel) l’erreur qu’il a commis. Il se met donc en marche pour découvrir un nouveau groupe.
Le temps de replacer ses lunettes et Bernie peut apercevoir un jeune homme efflanqué, à la chevelure foisonnante et qui arbore un t-shirt de Sex. Un bon départ en somme.

Michael Geoffrey Jones est né le 26 juin 1955. Enfant unique, le petit Micky est confié à sa grand-mère Stella après le divorce de ses parents à l’âge de 8 ans. Une mère partie aux Etats-Unis [1]. et un père souvent absent, l’enfant se refuge dans la musique et prend de plein fouet la naissance de la pop britannique. Mais à la pop élégante des Beatles, Mick préfère la frénésie et la bestialité des Animals, des Stones ou encore des Kinks dont il avoue toujours posséder la carte de fanclub. Mick intègre la Strand School de Brixton en 1966 et se révèle être un élève brillant au début avant que le football et le rock’n’roll deviennent ses centres d’intérêts privilégiés. Il dépense tout son argent dans l’achat d’albums (Disraeli Gears de Cream, Smash Hits d’Hendrix) et assiste à ses premiers concerts à Hyde Park près de chez lui (Nice-Traffic-Pretty Things en 1968 et les Rolling Stones en 1969). En 1973, il achète sa première guitare (une Höfner) et réussit ses examens qui lui ouvrent les portes de l’école des Beaux-Arts [2]. Mick formera plusieurs groupes dont The Delinquents où il tient la basse et avec qui il donnera son premier concert en juin 1974, ou encore Little Queenie [3] duquel il sera finalement renvoyé. En cette fin d’année 1975, Mick cherche donc à former un nouveau groupe avec son ami Tony Gordon et Bernie arrive à point nommé pour les aider à monter les London SS. Passage obligé dans ces moments là, le Melody Maker dans lequel ils passeront plusieurs annonces auxquelles répondront notamment Steven Morissey (refusé car il habitait trop loin), Paul Simonon (dépourvue d’expérience et jugé sans charisme), Terry Chimes ou encore Nick Headon qui partira au bout d’une semaine. L’affaire s’annonce mal pour le trio et Tony décide d’abandonner le projet [4]. En février 1976, les Sex Pistols jouent au Marquee et le NME écrira : « Ce n’est plus de la musique c’est le chaos ». Devenu le slogan du groupe, cette phrase eu un énorme retentissement et sonnera la naissance du Punk en tant que Mouvement. Bernie suggère alors à Mick et Chrissie Hynde (ancienne assistante du magasin Sex) de former un groupe. Dépourvus de salle de répétiton mais entretenant une amitié avec les Pistols (notamment Glen Matlock), ils jongleront entre leur local et la maison de mamy Stella. Mais devant le succès grandissant des poulains de McLaren, Bernie décide de revoir sa formule : il veut un groupe jeune où l’attitude et l’apparence doivent être des points primordiaux. Est-ce l’âge (24 ans) ou plus vraisemblablement par phallocentrisme que Bernie change d’avis ? Quoi qu’il en soit, Chrissie Hynde [5] est écartée du projet et Bernie décide d’introduire de nouvelles personnes : Keith Levene et Paul Simonon.
[1] Sa mère lui enverra régulièrement disques et bandes-dessinées
[2] Etant donné le grand nombre de groupes qui se sont formés aux Beaux-Arts, Mick pense que c’est le point de départ de toute star du rock. Il sera alors déçu par la réalité.
[3] Lié au tube de Queen Now I’m Here.
[4] Tony Gordon rejoindra plus tard Chelsea, formera Generation X avec Billy Idol puis Sigue Sigue Sputnick.
[5] Deviendra plus tard la chanteuse des Pretenders.
[6] Notons que Paul jouera avec cette basse (imitation Fender) jusqu’en 1979 et que Mick devra l’accorder durant les premiers concerts.
[7] Les roadies des Clash la baptiseront « jambe électrique ».
[8] Quelqu’un qui joue médiocrement : jouailleur.
[9] « clash » est un mot à nombreuses significations : choc, fracas, conflit, désaccord, heurter, choquer, résonner, détonner, sonner...
[10] En guise de réponse, les Clash écriront la chanson Garageland
[11] Le National Front fait alors de plus en plus d’adeptes notamment chez les jeunes.
[12] Il rejoindra par la suite John Lydon (alias Johnny Rotten) avec Public Image Ltd.
[13] Deux de ces démos (Janie Jones et Career Opportunities) figurent sur le Long Box Clash On Broadway paru en 2000 (Epic/Sony).
[14] Les Clash iront même jusqu’à remplacer les Sex Pistols en tête d’affiche. Les Pistols sont parfois interdits de jouer et semblent plus amuser par la surenchère médiatique
[15] De cette expression coutumière de Bernie (prise à Malcolm McLaren) naîtra la chanson Complete Control.
[16] Après l’echec avec les Sex Pistols et les Clash, Chris Parry réussira à signer les Jam.
[17] 1977 en face b.
[18] Les radios londoniennes n’ont pas su prendre le Punk ce qui aurait pu être bénéfique au mouvement. La radio pirate Capital Radio, très écouté par les jeunes, s’y refusera toujours et inspirera à Joe la virulente Capital Radio.
[19] Topper est capable de tout jouer (rock, reggae, jazz...) et est alors le musicien le plus accompli du groupe. Il fera beaucoup pour la ligne musicale future des Clash.
[20] The Clash deviendra l’import le plus vendu outre-atlantique avant qu’ Epic ne sorte une nouvelle version en 1979.
[21] L’album et le film sont enregistrés dans une période de grande confusion. La tournée est appelée The Clash Sort It Out en réponse au départ de Bernie et à la sortie de l’album.
[22] Guy mourra 3 semaines après la sortie de l’album. Les Clash lui rendront hommage avec Midnight To Stevens et leur attribueront l’inspiration pour Combat Rock.
[23] « Fifth » : cinquième amendement.
[24] Sur ce principe, les Wedding Present entreront dans le Livre des Records avec 12 titres en 12 mois.
[25] Après avoir été viré du groupe qu’il avait initié, Mick poursuivra son aventure musicale avec son groupe Big Audio Dynamite.
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