Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Mais ce sera après. Pour l’instant, il faut qu’ils arrivent à gérer leur propre survie dans tout ce cirque. Ils finissent tant bien que mal cette tournée américaine, entre une fausse alerte à la bombe dans un avion, des fans tellement furieux qu’il faut attendre un quart d’heure en coulisse que le calme revienne (et encore, est-ce que le calme existe dans un concert des Beatles de cette époque ?) et une autre prestation chez Ed Sullivan, et rentrent enfin à Londres. Pour enregistrer... Ces garçons ne sont pas humains... D’autant plus qu’avec leur nouveau morceau Eight Days A Week, ils vont se permettre d’élargir un peu plus leur champ musical. Niveau paroles, ça reste gentil, mais pour ce qui est de la musique... C’est une autre affaire. D’autant plus que George Martin appuie de plus en plus leurs audaces au lieu de ne pas les comprendre, comme au début. Il leur façonne un son et des arrangements, sur sa table de mixage à quatre pistes, qui poussent toute l’industrie du disque à les imiter, puis à innover derrière eux. Les Beatles sont un moteur qui a insufflé de la passion à des tas de jeunes britanniques et américains, qui, dans leur sillage, se sont également lancés dans la musique.

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Avec Cassius Clay 1964

L’Angleterre et les États-Unis vivent des moments extraordinaires de créativité où une sauvage jeunesse est prête à tout dévaster sur son passage. Et les Beatles sont là, leaders incontestés, souvent imités, jamais égalés. Tellement forts qu’ils créent une pop dont ils explosent les limites qu’ils ont fixé eux-mêmes peu de temps avant... Ça commence à devenir véritablement passionnant cette histoire ! Encore plus fort avec I Feel Fine : Lennon découvre qu’on peut faire un truc incroyable avec le larsen, jusqu’alors considéré comme un bruit parasite et l’utilise comme un élément musical à part entière. Harrison balance des riffs, certes discrets, mais de plus en plus efficaces. Comme il traîne avec d’autres musiciens et que, comme à son habitude, il a les oreilles aux aguets, il prend conscience de l’importance grandissante des guitaristes solistes dans le rock, d’autant plus que son meilleur ami, Eric Clapton est l’un de ces mêmes solistes, au sein des Bluesbreakers de John Mayall. Et puis, si ça ne tiendrait qu’à lui, il proposerait ses chansons qu’il commence à écrire. Mais voilà, au-dessus de lui, il y a les frères jumeaux de la pop qui ont l’hégémonie au sein du groupe. Presque des tyrans pourrait penser leur cadet, car ils ne portent effectivement pas grande attention à ce que leur jeune guitariste a à proposer, trop sûrs d’eux-mêmes. Si il y en a un qui a compris que ça ne sert à rien de s’énerver pour si peu, c’est bien Ringo qui une fois hors des studios et loin de sa batterie, ne s’imagine pas un instant avoir l’idée d’écrire ou de composer. Lui, il tape et quand il ne tape pas, il fait la fête ou il va retrouver sa petite Maureen...

N’empêche qu’entre deux enregistrements, il faut retourner donner des concerts, perspective de moins en moins réjouissante. Chose étrange, les singles des Beatles sortent maintenant d’abord aux USA, où il faut maintenir l’amour du public bien vivant, en espaçant le moins possible le temps entre chaque sortie de toute nouveauté émanant du groupe (mais ce n’est qu’une phase provisoire).
En décembre, ils apparaissent à l’émission Top Of The Pops et sortent l’album Beatles For Sale . La pochette montre quatre garçons épuisés, et pas franchement l’air jouasse d’être devant les objectifs en plein hiver. Mais il faut qu’ils assurent... Richard Lester revient parler de sa nouvelle idée de film et les Beatles repartent dans leur show de Noël. Encore une fin d’année crevante...

Et peu à peu, les voilà qui se dirigent vers la partie la plus exaltante de leur carrière. Faire du fric, tout ça, c’est cool, et encore. Ils n’ont pas vraiment la notion de ce qu’ils engrangent comme rentrées d’argent, par contre, ils savent ce qu’ils perdent. Ils doivent en effet reverser la totalité de leurs revenus de l’année aux fiscs américain (parce qu’ils ont passé presque deux mois aux USA) et anglais. Et nerveusement, ce n’est plus gérable. La carrière des Beatles va prendre un nouveau tournant, bla - bla - bla, on commence à connaître la chanson. Et plus qu’un simple train, ils vont prendre une gare d’avance sur le reste de la musique.

Marre des amourettes à deux balles... Marre de ne pas être écoutés... Marre de devoir se terrer... Etre un Beatle en l’an de grâce 1965 n’est pas une chose aisée. Le 10 janvier, Epstein est contacté par un promoteur américain pour que le groupe vienne jouer au Shea Stadium. Bienvenue dans l’ère du gigantisme, une fois de plus les Beatles sont des précurseurs. Le Beatles se permettent quand même quelque chose d’inédit : ils prennent six semaines de repos. Lennon commence à se dire qu’il écrirait bien un deuxième bouquin et qu’il utiliserait bien le premier pour l’enregistrer sur disque. Il part également dans les Alpes avec Cynthia, George Martin et sa femme, histoire d’apprendre à tenir debout sur des skis. Il revient quelque jour plus tard car Ringo, qui a demandé à Brian d’être son témoin, épouse Maureen ; pour bien faire les choses, le couple part en lune de miel à Brighton, où Ringo annonce son mariage à la presse (espère-t-il que ça fera moins crier les filles lors des concerts ?).

Continuons sur la lancée et dans la série des anecdotes inutiles mais marrantes, notons que le 15 février, John devient l’heureux titulaire du permis de conduire, comme en témoigne une magnifique photo qui prouve une fois de plus que les quatre garçons sont greffés les uns aux autres (c’est vrai quoi, qu’est ce qu’ils font là ?). Il n’empêche que le repos c’est bien cinq minutes, mais quand on s’appelle Paul McCartney et John Lennon, on préfère ne pas trop le faire durer. Y a des chansons à écrire, non mais ! Et c’est le moment où après les chansons généralement mo-molles de Beatles For Sale, nos deux compères vont composer quelques perles, dont Ticket To Ride et You’ve Got To Hide Your Love Away, écrite par un Lennon visiblement en pleine crise dépressive (c’est d’ailleurs pour cette chanson que des musiciens extérieurs viennent pour la première fois jouer sur un morceau des Beatles). Le 22 février, les Beatles s’envolent pour les Bahamas, histoire de commencer le tournage de leur nouveau film, qui ne s’appelle pas encore Help !, mais Eight Arms To Hold You (pas terrible). Les Bahamas auraient été officiellement choisies pour des raisons météorologiques, les garçons pensant pouvoir se balader en caleçon et t-shirt, mais il y fait un sacré froid. C’est les boules ! Officieusement, une hypothèse est émise, selon laquelle le tournage dans un paradis fiscal évite les mésaventures financières de 1964... Et puis, il faut bien dire que même si le réalisateur est celui de A Hard Day’s Night et qu’une fois de plus les Beatles jouent leur propre rôle, ils n’ont cette fois aucun contrôle sur le scénario, aussi épais qu’un sandwich seuneuceufeu. Et ils ne sont toujours pas acteurs. Pensez donc qu’un joli paysage ça permet d’attirer l’attention loin des musiciens qui ressemblent de plus en plus à des copies de copies d’eux-mêmes. Si en plus ils passent leur temps à fumer des joints et à rigoler bêtement, on ne s’en sort pas. Il faut refaire certaines prises plusieurs fois à cause des garçons pris de fous rires sous l’effet de la marijuana. Pour le réalisateur qui aimerait avoir l’air crédible, c’est énervant...



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