Portraits
The Move, les grands oubliés des années 1960-1970

The Move, les grands oubliés des années 1960-1970

par Our Kid le 12 septembre 2005

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 Blackberry Way ou l’état de grâce de The Move

Fire Brigade reste cependant la dernière contribution de la formation originale de The Move. En effet, Chris « Ace » Kefford, bassiste au visage de play-boy et principale image commerciale du groupe quitta ses compères subitement en avril 1968 après une dépression nerveuse nécessitant que Trevor Burton passe de la guitare à la basse. Bien qu’étant un élément secondaire du groupe et ne remettant donc pas en cause l’existence de celui-ci, il sortit tout de même un single solo sous le nom de Ace Kefford Stand puis un suivant avec Big Bertha avant de disparaître de la circulation.

Réduit à quatre, The Move enregistra Wild Tiger Woman qui fut réalisé en juillet. Le morceau demeure l’un des rares singles du groupe à ne pas entrer dans les charts, ce qui constitua une déception, d’autant plus que cette autre composition de Wood était plutôt réussie. La presse sembla de plus en plus s’attacher aux flamboyantes bouffonneries que le groupe commettait sur scène, à la garde robe de ses membres ou encore à ses tours de force publicitaires souvent axés sur l’outrageux plutôt que sur sa musique. Mais les tournées et la renommée du groupe se poursuivirent tout de même et l’année se termina en apothéose avec la sortie en décembre de leur classique Blackberry Way qui grimpa en tête des charts en janvier 1969. Ce morceau, qui aurait très bien pu figurer sur un album de The Kinks ou constituer une réalisation de McCartney dispose d’un humour noir, d’une ambiance peu jubilatoire et d’un refrain qui s’imprègne au plus profond de l’auditeur suggèrant une filiation avec, au hasard, Penny Lane ou encore Waterloo Sunset.

Malheureusement, peu de temps après avoir décroché la timbale, The Move est confronté à un nouveau départ d’un de ses membres. Trevor Burton, second guitariste du groupe qui avait déjà compensé le départ d’Ace Kefford en tenant la basse, quitta à son tour le groupe pour jouer avec Jim Capaldi, Steve Gibbons et John Cale. Il est immédiatement remplacé à la quatre cordes par Rick Price en provenance de Sight And Sound. Le groupe relâcha un peu la pression durant le reste de l’année, ce qui permit à Roy Wood de composer et de produire pour The Acid Gallery, un combo formé à Londres. Dance Around The Maypole, paru en octobre, contient ainsi son soprano nasal caractéristique et un mixage le mettant bien en avant. The Acid Gallery évoluera par la suite en Christie et rencontrera le succès avec Yellow River.
Cependant peu de temps après avoir achever l’enregistrement de leur deuxième album, le chanteur Carl Wayne, qui s’était aventuré dans le circuit des cabarets sur les conseils de son manager, jette l’éponge également, laissant dans un premier temps les parties vocales à son leader. Il s’est distingué par la suite dans la comédie musicale et a enregistré plusieurs jingles publicitaires. Il a également rejoint les Hollies en 2000 avant de disparaître en août 2004 emporté par un cancer.

En janvier 1970, Jeff Lynne, chanteur et guitariste de The Idle Race, accepta une invitation de son vieil ami Roy Wood pour rejoindre son groupe. La succession rapide des changements de personnel aurait détruit plus d’un groupe mais The Move devint un groupe plus intéressant au début des années 1970. Lynne est à ce moment-là le seul membre du groupe avec Wood à fournir de chansons notables et à définir une direction musicale à l’ensemble.

Le second album est fin prêt en février et confirme l’inventivité du groupe malgré les départs en cascade. Shazam est considéré comme l’album le plus réussi fourni par un groupe de Birmingham, The Moody Blues compris, ce qui n’est pas rien. Les six pistes de l’effort studio témoignent d’une musique plus progressive - soit plus expérimentale - sortant du cadre imposé des simples à succès mais qui conserve tout de même un air de Beatles, inluence difficilement oubliable pour le groupe. Cet effort est une sorte de Sgt.Pepper’s Lonely Hearts Club Band progressif, composé d’une musique extrêmement énergique, forgée par des années passées sur scène à jouer fort. Shazam contient également une version d’un titre de Tom Paxton, The Last Thing On My Mind, qui fait de ce deuxième effort un classique bien supérieur à The Move.

En tournant la page de sa première mouture, The Move perd progressivement de son importance sur la scène britannique en dépit de la réussite de Shazam.



[1SOURCES :

  • The Electric Light Orchestra par Bev Bevan, Mushroom Publishing, Londres, 1980.
  • Unknown Legends Of Rock’N’Roll par Richie Unterberger, Miller Freeman, San Francisco, 1998.
  • The Tapestry Of Delights : British Beat, R&B, Psychedelic and Progressive Rock 1963-1976, par Vernon Joynson, Borderline, Londres.

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