Portraits
Neil Young, une voix dans la nuit

Neil Young, une voix dans la nuit

par Giom le 10 février 2009

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Cette pause fait du bien à Neil Young qui fait diverses rencontres. Il fait quelques jam sessions avec The Rockets, un groupe d’un certain Danny Whitten qui vient de New York, manque de participer à la réalisation du Forever Changes de Love et rencontre Jack Nitzsche (personnage qu’on retrouvera souvent) qui l’aide à composer plusieurs morceaux dont Expecting To Fly. Finalement, à la fin de l’été 1967, Young rejoint Buffalo Springfield pour achever les sessions d’enregistrement du second opus du groupe : Buffalo Springfield Again. L’album, qui résulte de conditions d’enregistrement chaotiques même si Green et Stone ont été virés et que Palmer est revenu, est plus une série d’efforts solo qu’une véritable œuvre collective. Neil Young y livre quelques morceaux singuliers comme Broken Arrow, sorte d’excuse adressée à Ken Koblun et dont la composition se démarque de la structure classique couplet/refrain. Mr.Soul, basé sur un riff très proche du Satisfaction des Stones et sorti en single en juin 1967, est également l’un des rares titres à ne pas sonner country sur l’album. Le morceau y développe une vision ironique du statut de célébrité, thème fondateur de son œuvre ultérieure. Finalement, Buffalo Springfield Again sort en novembre 1967 et restera quatorze semaines dans les charts pour atteindre le 42ème place. Dégoûté par l’ambiance du groupe et surtout par l’attitude de Stephen Stills qui lui reproche ses problèmes de santé, Neil Young part s’installer chez Jack Nitzsche et sa famille où il vivra quelques bons moments, découvrant avec son ami, musicophile averti, les diverses productions rock du moment : « Je me souviens en particulier du jour où nous avons reçu le premier single du Jimi Hendrix Experience. Nous sommes restés sur le cul ! » (pas étonnant, remarquez). Young quitte alors une nouvelle fois Buffalo Springfield en mars 1968 après une courte tournée avec le groupe psychédélique Strawberry Alarm Clock (connu à l’époque pour son tube Incense And Peppermint). Cela va marquer la fin de l’aventure de Buffalo Springfield puisque ses membres livrent une dernière prestation live le 5 mai 1968 au Long Beach Sport Arena de Los Angeles devant une foule surtout composée de jeunes filles en pleures. Young expliquera cette séparation par des raisons psychologiques : « Je n’étais pas en train de mijoter une carrière solo. C’était juste un problème de nerfs, ils ne tenaient plus le choc à la fin ». Jack Nitzsche affirmera plus tard que Neil voulait surtout à l’époque : « du fric et le plus vite possible ». En tout cas, il travaille déjà à son premier album solo et a confié la gestion de sa carrière au manager Elliot Roberts (également manager de Joni Mitchell) qui lui a trouvé un contrat chez Reprise, label fondé par Frank Sinatra. Quoi qu’il en soit, Neil Young semble apaisé. Il s’achète une maison dans le quartier d’artistes de Topanga (à 30 kilomètres d’Hollywood) et fait la rencontre de Susan Aceved, alors serveuse dans un restaurant de Topanga, avec qui il se mariera quelques mois plus tard en décembre 1968. Il déclarera à propos de cette période : « Je recherchais une certaine stabilité. Je voulais m’accrocher à quelque chose ». En tout cas, pas à Stephen Stills, apparemment !

De son côté Richie Furay, sûrement le plus accroché au groupe sans qui il n’était pas grand chose, retravaillera avec Jim Messina, producteur mais aussi bassiste puisqu’il avait fini par remplacer Palmer, toute une série d’inédits du groupe afin de construire un nouvel album sous le nom de Buffalo Springfield. Last Time Aroud sort donc en août 1968, véritable chant du signe d’un groupe qui n’est déjà plus. L’album atteindra tout de même la 42ème place des charts américains obtenant un succès d’estime. On y retrouve deux compositions de Young, On The Way Home et l’obscure It’s So Hard To Wait dont les paroles, selon une interprétation du fameux rock critic Lester Bangs, pourraient évoquer l’impotence. En deux ans, Buffalo Springfield, qui comportait en ses rangs des musiciens d’une qualité incroyable, se sera imposé comme l’un des acteurs centraux de la musique californienne du temps, produisant un folk-rock électrique symbole d’une époque. La postérité n’a retenu que le tube For What It’s Worth mais les albums du groupe, et notamment le premier, méritent d’y revenir malgré le fait que Young les ait plus ou moins reniés.

JPEG - 72 ko
Est-ce la couleur qui les a tués ?


Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom